"Et que nos coeurs chaque jour
s’ouvrent à la fraîcheur
et à l’éclat des coquelicots."
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"Je viens de là où l’on sait lire le ciel et décrypter le vent. Là où rien n’est fatalité, où l’imprévisible
s’accepte. Là où je n’aurais de cesse de dialoguer
avec graminées et pluies. Dans la filature des temps
j’ouvre la porte à l’étable des mots. J’essaie
d’atteindre le champ libre en courant dans la partition
de l’herbe, du vent et de la bouse. J’ai inscrit depuis
longtemps sur mon front les sillons de mes songes
et l’incertaine récolte de la vie…"
Louis Bertholom
"Et elle c'était quoi? Une libellule, je dirais.
Toute d'envol et de transparence, se faufilant, gracieuse, entre les deux royaumes de la terre et du ciel, indemne, libre."
C. Bobin
"Ainsi le minuscule, porte étroite s'il en est, ouvre un monde. Le
détail d'une chose peut être le signe d'un monde nouveau, d'un monde
qui comme tous les mondes, contient les attributs de la grandeur.
La miniature est un des gîtes de la grandeur."
G. BACHELARD
J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !
J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !"
Arthur Rimbaud, extrait "Le Bateau Ivre"
"Hérisson, hérisson petit frère, celui qui jamais n’a connu le velours de ton ventre ne sait rien de l’univers."
André Rochedy
des lampions minuscules
de toutes petites lanternes japonaises
aux branches des noisetiers ?
Qui fait pleuvoir une averse de breloques, pendentifs sur les arbres encore nus ?
Mystère des chatons vert tendre, puis jaunes, puis dorés ! Bref quelle idée de fleurir en hiver ?...
...La genèse des noisettes est tout un poème
Pourquoi suis-je ému à ce point par la floraison de février ?
Peut-être parce qu’elles murmurent,
une vie neuve reviendra quelque jour
nous aurons peut-être encore un printemps"
"Le temps recouvre
Les chemins de l’être
Qui frémissent
Sous les décors du monde
Sous le recel des mots
Sous l’argile et le givre
Survivent
L’envol et l’écho."
Andrée Chedid
Pierre Lamy